LA CRAMPE, suite
Par Georges Cazorla
Université Victor Segalen Bordeaux 2. Faculté des Sciences du Sport et de l’Education Physique. Laboratoire Evaluation Sport Santé.
1ière partie
Tant que la concentration en calcium au niveau de la troponine demeure élevée, la contraction est maintenue, ce qui, selon la « théorie métabolique » pourrait aussi expliquer la crampe.
De même, la forte, voire la complète déplétion des réserves en glycogène au cours d’un marathon ou de toute autres épreuves d’endurance, peut être à l’origine de la limitation du turnover de l’ATP dont les conséquences peuvent aussi être un disfonctionnement des pompes à sodium et à calcium.
Enfin une autre théorie actuellement émergente, « la théorie neurophysiologique » est de plus en plus discutée. Cette théorie implique des mécanismes neurophysiologiques susceptibles d’être responsables de la crampe musculaire. Il semble qu'une participation du système gamma et des circuits spinaux intervenant dans le réflexe myotatique puissent être à l’origine de la crampe. La perturbation de l’activité réflexe médullaire dont les informations afférentes issues de la sous sollicitation des capteurs de Golgi lors de contractions musculaire très répétées, induisant une fatigue périphérique accrue, entraînerait un abaissement du seuil d’excitabilité nerveuse avec comme conséquence une augmentation de la surface de l’EMG retrouvée chez les athlètes présentant des crampes (5).
L’étirement des muscles atteints de crampes aurait un effet immédiat sur les capteurs de Golgi dont les nouvelles informations fournies pourraient permettre un relâchement réflexe de la contraction du muscle fatigué. Dans cette perspective il est clair que les étirements avant un effort de longue durée sont fortement recommandés. De même un entraînement aux techniques de relaxation et d’étirement devrait systématiquement être inclus dans la préparation physique des coureurs de longues distances.
S’appuyant sur des résultats expérimentaux probants, les tenants de la théorie neuro- physiologique (2,4,7) contestent les implications des pertes liquidiennes et des perturbations des concentrations électrolytiques du sérum comme facteurs causant la crampe mais conviennent que les variations biologiques musculaires locales du « muscle fatigué » pourraient abaisser le seuil d'excitabilité des motoneurones alpha avec comme conséquence la formation de contractions involontaires donc de crampes.
Comme un « muscle fatigué » se caractérise par des perturbations de l’homéostasie tant hydriques, électrolytiques que métaboliques, des interactions existent probablement entre la théorie neurophysiologique récemment développée et les théories qui l’ont précédée.
Il serait donc hasardeux de vouloir expliquer la complexité causale de la crampe par un mécanisme physiopathologique unique alors que les explications sont encore à découvrir probablement dans l’interaction de perturbations systémiques et très localisées.
L’absence d’un consensus sur l’explication de la crampe du sportif au cours ou à l’issue de l’effort nous invite donc à être spéculatif pour envisager des conduites à tenir tant dans le cas de sa survenue que pour tenter de l’éviter. A nouveau le simple bon sens prévaut dans les recommandations suivantes :
Lorsque la crampe survient
- Ne pas insister dans l’effort, arrêter complètement l’activité et éviter tous mouvements brusques du membre touché : prendre du repos ;
- Etendre le membre atteint et masser superficiellement le muscle douloureux, l’étirer doucement dans le sens contraire à la contraction, par exemple, en cas de crampe du mollet, tirer lentement, progressivement, les orteils et le pied vers soi et maintenir cette position.
- Boire de l’eau sucrée et minéralisée.
Si les crampes sont récurrentes, une consultation médicale devient nécessaire.
Comment tenter d’éviter les crampes :
- S’entraîner régulièrement et de façon progressive tant en volume qu’en intensité.
- Contrôler les modifications physiques et physiologiques obtenues.
- Apprendre les techniques de stretching, d’étirement et de relaxation.
- Bien s’échauffer (15 à 20 minutes) et s’étirer avant et après chaque séance d’entraînement et chaque compétition,
- Ajuster les efforts aux capacités et les réajuster en cas de programmation mal adaptée.
- Ne pas oublier de boire avant d’avoir soif avant, pendant et après chaque séance d’entraînement et chaque compétition.
- Maintenir une diététique adaptée à la qualité des efforts d’entraînement.
- Bien récupérer après chaque exercice et chaque séance d’entraînement (bain à température contrastée, douche sous pression, massage…)

1ière partie
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Références
- Talbott JH, Michelsen J. Beat cramps: a clinical and chemical study. J Clin Invest 1933; 12: 533-49
- Schwellnus MP. Muscle Cramping in the Marathon. Aetiology and Risk Factors. Sports Med 2007; 37 (4-6): 364-7.
- Parisi L, Pierelli F, Amabile G, Valente G, Calandriello E, Fattapposta F, Rossj P, Serrao M. Muscular cramps: proposais for a new classification. Acta Neurol Scand. 2003 Mar; 107(3): 176-86.
- Schwellnus MP, Nicol J, Laubscher R, Noakes TD. Serum electrolyte concentrations and hydration status are not associated with exercise associated muscle cramping (EAMC) in distance runners. Br J Sports Med. 2004 Aug;38(4):488-92
- Sulzer NU, Schwcllnus MF, Noakes TD. Serum electrolytes in Ironman triathletes with exercise-associated muscle cramping. Med Sci Sports Exerc. 2005 Jul;37(7):1081-5.
- Bentley S. Exercise-induced muscle cramp. Proposed mechanisms and management. Sports Med. 1996 Jun;21(6):409-20. Schwellnus MP, Derman EW. Noakes TD. Aetiology of skeletal muscle 'cramps' during exercise: a novel hypothesis. J Sports Sci. 1997 Jun;15(3):277-85.
- Schwellnus MP, Derman EW. Noakes TD. Aetiology of skeletal muscle 'cramps' during exercise: a novel hypothesis. J Sports Sci. 1997 Jun;15(3):277-85.
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