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 VINKOMORF.com 1 OCTOBRE 2007

 

Entrevue avec Nathalie Hould
La femme derrière la culturiste
Par Karine Brouillard

La vie de tous les jours…

Qu’est-ce qu’il y a de plus difficile que d’être culturiste ? Être culturiste, mère de famille et travailleuse à temps plein. Nathalie Hould réussi à concilier les trois avec l’aide de sa petite famille. L’an dernier j’avais interviewé Nathalie peu après sa victoire au Championnat Provincial. Cette année, c’est après avoir gagné les 2 catégories dans lesquelles elle prenait place que je refais un bilan avec notre championne Québécoise. Et par le fait même, elle va nous parler un peu de sa vie à la maison en tant que culturiste.

Il y a eu que de petits changements depuis 2006. Comme une artiste, Nathalie est le genre de personne qui aime faire les choses petit à petit en prenant du recul, en analysant, corrigeant et améliorant les lacunes s’il y a lieu. Dans la dernière année, elle a surtout travaillé à augmenter la masse au niveau du dos pour un meilleur ‘’effet 3D’’. Elle a aussi travaillé à arrondir les épaules, augmenter la masse musculaire des bras et beaucoup mise l’emphase sur le muscle fessier et les ischios. ‘’Un gros problème chez moi’’ a-t-elle dit en riant. C’est encore et toujours grâce a son entraîneure, Helen Bouchard, qu’elle n’est pas prête de laisser tomber, qu’elle a pu améliorer son physique. Elle est beaucoup plus qu’une entraîneure pour elle, c’est comme une sœur. La chimie est vraiment incroyable entre les deux femmes. Nathalie a pu ENFIN rencontrer son entraîneure en chair et en muscles cette année au Championnat Canadien. Depuis les 3 dernières années, elles ont communiquées par internet ou par téléphone seulement. Vous pouvez imaginer que l’émotion était au rendez-vous. ‘’Passer toute une semaine a ses côtés fût extrêmement enrichissant. J’ai appris plus durant cette semaine que pendant les 3 dernières années à lire les bouquins et les sites internets. Si je peux me le permettre monétairement cet hiver, je vais retourner passer une semaine a Edmonton avec elle’’ m’a-t-elle confié.

La préparation pour le Championnat Canadien de cette année fût plus facile sur certains points et plus difficiles sur d’autres. Malgré tout, elle garde le sourire et la bonne humeur avec les clients et la famille. Certes avec les années, il est plus difficile de perdre du poids car le corps a une bonne mémoire et il faut toujours trouver de nouvelles façons pour perdre les fameuses livres en surplus. Malgré tout, elle adore être en mode préparation de compétition et adore le processus intense de cette course contre la montre qui est tellement valorisant. ‘’J’adore voir les transformations que mon corps subi d’année en année. C’est comme développer un cadeau !’’

C’est avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’organisation et de collaboration de la part de son conjoint et de ses enfants que Nathalie arrive à se préparer. Après 7 ans de compétitions la famille sait comment ça fonctionne. Tout est réglé au quart de tour 20 semaines avant la compétition de 4h30AM à 10h30PM. Durant les fameuses 20 semaines, c’est le conjoint et les enfants qui prennent le rôle que maman fait habituellement pour laisser place à la concentration et la préparation. Les seules tâches qui lui reviennent sont les repas, l’épicerie et le lavage. Au travail, ses collègues sont tout aussi compréhensifs et aident Nathalie en cas de besoin et surtout en cas de manque d’énergie. Une chance pour elle, les enfants ne font pas d’activités de compétition, seulement pour le plaisir.

Avant 2007, très peu de gens connaissaient Nathalie car elle s’entraînait chez elle. C’est en 2006-2007 qu’elle a commencé à s’entraîner au gym local mais encore, seulement les gens du gym savaient vraiment qui elle était et quel sport elle pratiquait. Après qu’une journaliste l’ai eu rencontrée au gym tout a déboulé. Deux entrevues dans les journaux, deux entrevues télé et une entrevue radio dans le mois précédant la compétition ont fait bouger les choses d’avantages. Les gens se sont mis à l’arrêter au supermarché pour la féliciter ou pour demander si c’est bien elle la madame musclée ! Les commentaires sont toujours positifs et celui qui revient le plus souvent est : ‘’Tu es bien plus petite (comprendre moins musclée) que sur les photos et quand tu es habillée ça ne paraît même pas que tu es musclée !’’ Les gens sont seulement curieux, posent des questions et sont toujours gentils

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Le culturisme, une affaire d'illusions à projeter sur scène

 

Le Championnat Canadien…

L’intensité et l’excitation au plus haut sommet ! De plus, la cerise sur le gâteau de cette année, Nathalie y rencontrait son entraîneure des 3 dernières années. Elle en avait rêvée de ce championnat et elle y était enfin. Malgré qu’elle ait déjà participé au championnat canadien de 2005, cette année était bien différente. Elle n’y allait pas seulement pour ‘’l’expérience’’. Son conjoint lui a même dit et je cite : ‘’On monte pas à Edmonton en touriste, on y va pour gagner !’’ Et elle était prête. Ayant tout donné ce qu’elle pouvait depuis les 20 dernières semaines, elle se présentait à Edmonton dans sa meilleure condition à vie. Malgré la nervosité et les doutes, car elle savait que la compétition allait  être féroce, elle ne pouvait plus reculer, seulement foncer !

Je lui laisse les prochains paragraphes pour vous démontrez comment elle a vécu son championnat canadien 2007.

‘’2hrs avant le  weight in je pesais 128lbs, 1lbs au dessus des poids moyens, catégories que je visais. J’ai parlé avec Benoît Brodeur, lui faisant part de mon inquiétude et à ce moment Joe Spinello me dit who cares about the weight it’s not how you weight, but how you look!  Okay ! Message reçu 5/5!

À la pesée 127,5lbs, on me donne 30 min pour décider si je perds ma demie livre et fait les poids moyens ou si je reste avec les poids lourds.  J’analyse la situation avec mon entraîneure Helen, regarde qui sont les compétitrices dans chaque catégorie. On savait qu’à moins d’un retournement majeur Nadia Nardi serait la prochaine pro et elle était dans les poids moyens. J’avais deux choix, soit arriver deuxième ou troisième après Nadia dans les poids moyens ou tenter le tout pour le tout et compétitionner dans les poids lourd. On tente le tout pour le tout, je m’inscris dans les poids lourd à 127,5lbs.

À partir de là, j’étais vraiment nerveuse. Je savais que je serais la plus petite dans cette catégorie, certaine fille étant 25lbs plus lourde que moi.  À ce moment je me suis rappelé les mots de Joe.

Sur le stage 

 Maître : 17 participantes, très longue comparaison. On me compare et re-compare, 5-6 fois je ne me souviens plus et je refais les  poses obligatoires.  Je suis fatiguée, exténuée, je vois même des petits points noirs, l’eau me coule dans le dos même si je n’ai pas bu depuis plus de 30hrs.  Les jambes me shakent, mais je tiens bon.  Flex thoses quads and smile que je me dis. Enfin terminé ! Une chance car j’étais sur le point de m’évanouir.  On court back stage pour nous donner un peu d’eau, ma coach arrive, me ramasse et m’installe les pieds dans les airs!  Toi tu ne bouge pas de là jusqu’au comparaison des poids lourds qu’elle me dit et mange tes noix ! Je relaxe, j’essaie de récupérer et d’analyser les comparaisons. Je crois que je suis dans le top trois, sinon on ne m’aurait pas comparé aussi souvent.

Poids Lourds : La grosse gomme 14 participantes, toutes plus musclées que moi mais je suis prête car j’ai bien récupéré, j’ai mangé et même but un gros 100ml d’eau!  Sur le stage, je donne tout ce que j’ai, nullement intimidée par les autres filles.  De toutes façons, tout va tellement vite, qu’on  a pas le temps de penser.  Flex, sourire au juge, rentre le ventre, serre les fesses, sort ton ischio, oublie pas de sourire. Le pré-jugement  est terminé, enfin je peux retourner au motel et dormir un peu avant la finale. Je parle avec mon conjoint, avec ma coach et on me dit que les maîtres c’est soit 1ere ou 2ieme.  Pour les poids lourds dans les 3 premières. On verra ma job est faite, j’ai tout donnée ce que j’avais à donner, maintenant c’est aux juges de décider.’’


Nathalie Hould, 1ière place Poids lourds avec à gauche Janeen Lankowski, 3e place
et Lyris Capelle, 2e Place à droite

Alors voilà ! Maintenant nous savons qui est devenue notre nouvelle championne canadienne Maître et Poids Lourds ! Ses deux victoires lui ont rapportées une très grande confiance en elle et en ses capacités de culturiste. En tant qu’athlète, on doute toujours un peu de nos capacités. Même si dans notre tête, on se dit toujours que nous avons une bonne condition physique, de belles lignes et une belle symétrie, on se dit toujours que la personne à nos côtés est plus massive ou est plus définie que soi. Un doute plane toujours dans notre tête. Les deux victoires de Nathalie lui on fait comprendre que OUI elle était sur la bonne voie et que OUI c’était possible d’être plus petite et d’avoir quand même du succès dans ce sport où tout est big, bigger, biggest ! Elle avait raison de croire et vouloir privilégier sa symétrie et sa condition avant la masse à tout prix.

 

L’après Championnat Canadien…

C’est le retour au calme et à la routine normale de la vie. Un bon gros BBQ, un bon steak, un bon café avec beaucoup de crème ! Le temps avec les enfants est plus présent et maman reprend le contrôle de la maisonnée pendant que papa se prépare pour la chasse ! Une bonne semaine de repos où elle ne va pas au gym et profite de tout ce temps pour reprendre le sommeil perdu, relaxer avec la famille et surtout manger ! Après le championnat c’est le hors-saison qui commence. Toujours de la planification, le stress en moins. La vie normale reprend son court.

 

Le culturisme et l’entraînement…

Vous vous demandez sûrement si Nathalie aime toujours autant son sport ou encore plus ? Je vous dirais qu’elle l’aime encore plus car avec les années il n’y a pas seulement le sport lui-même qu’elle aime mais les liens qu’on y tisse compétition après compétition.

Auparavant Nathalie s’entraînait chez elle mais depuis 2006, elle s’entraîne au gym local… popularité oblige ! Ce n’est pas vraiment elle qui le voulait, c’est plutôt eux qui lui ont couru après ! Par contre, elle apprécie grandement la confiance que les gens lui porte. C’est extrêmement valorisant pour elle de voir les femmes et les hommes qu’elle entraîne se transformer pour le mieux et adopter de meilleures habitudes de vie.

Seul l’avenir dira si un jour notre championne canadienne entraînera d’autre championne à son tour. Son but premier est de faire connaître le culturisme féminin au Québec et amener plus de filles à adopter ce merveilleux sport. Comme le culturisme n’est pas un sport de masse, il est difficile à dire s’il gagnera en popularité chez les femmes avec le temps. Si la tendance se maintient et que les juges canadiens continuent de privilégier la symétrie et la condition au lieu de la masse à tout prix, probablement que ça encouragera la clientèle féminine. Si on prend des exemples des dernières années avec Autumn Raby, Nicole Ball et Nadia Nardi qui sont toutes en dessous des 125lbs, il y a une légère augmentation du nombre de participantes dans les compétitions mais encore une fois, seul l’avenir nous le dira.

Certain diront que les femmes musclées ne sont pas belles. Selon Nathalie, la beauté et la féminité sont avant tout génétiques. C’est comme l’histoire du vilain petit canard ! En culturisme si une femme est hyper belle et hyper féminine au départ et qu’elle ne fait qu’augmenter sa masse musculaire, elle gardera cette beauté malgré tout. Il y a bien des façons de rester féminine tout en étant compétitrice en culturisme. Une belle peau, une belle manucure, une belle coiffure, un maquillage adapté, des postures différentes de celles des hommes sur le stage ne sont que quelques-unes des petites choses auxquelles les femmes portent une attention particulière.

Il suffit d’être motivée et foncer et ça, Nathalie s’y connaît. Chaque jour et surtout les jours où elle doit aller courir dehors a -20degrés elle se dit : « Don’t think about it… just do it ! You want it… go get it ! » Elle veut se réveiller à 80 ans avec le sentiment d’avoir fait quelque chose de sa vie et surtout avoir le sentiment d’accomplissement sans avoir les regrets. « La vie est beaucoup trop courte pour attendre au lendemain alors si vous avez un rêve dans la vie, n’attendez pas, ne vous trouvez pas d’excuses et foncez » me confie t-elle.

Une question… plusieurs réponses…

Prochaine étape pour Nathalie Hould…

La mère…  Les enfants grandissent, ils sont plus autonomes.  De nouveaux défis, maintenant qu’ils sont à l’aube de l’adolescence.  On prend les choses comme elles viennent et on essaie de pas trop paniquer!

La culturiste… Le championnat canadien à Montréal en 2008.  Ensuite on verra, une chose à la fois. Je dis toujours à la blague que je vais compétitionner jusqu’à 40ans après je prends ma retraite. Il me reste 2 ans. Par la suite peut-être une carrière parallèle au monde du culturisme, soit en entraînement, soit comme juge ou collaboratrice, je ne sais pas encore.  Avis aux intéressés !

La personne elle-même… Difficile à dire. Le culturisme m’a déjà tellement apporté. A 38ans je suis une femme comblée et bien dans sa peau. J’ai appris  à dépasser mes limites, à m’accepter et à me faire confiance. Je m’aime comme je suis. Je suis plus en forme que bien des filles ayant la moitié de mon âge. Qu’est ce que je peux demander de plus! Peut-être de garder ce body et ma vitalité jusqu'à au moins 75ans!

 

Conclusion…

Merci énormément Nathalie. Comme toujours, tu es un modèle pour moi et pour bien d’autres femmes ici au Québec comme quoi le culturisme féminin a sa place et est un aussi beau sport que tous les autres. J’admire ta détermination ! Milles mercis pour ce que tu es tout simplement… une femme extraordinaire!

 

Karine ‘’KaBrou’’ Brouillard
www.karinebrouillard.com
Journaliste en culturisme et
conditionnement physique pour
le Vinkomorf Magazine

 

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