Redonner aux sports de culture physique leurs lettres de noblesse
Par Patrick C. Gagnon
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Maximiser le potentiel du corps, dans son fonctionnement, sa santé, sa beauté... N'est-ce pas là un but noble? Aussi noble que, disons, la maximisation du potentiel de notre esprit, ou encore de celui du cœur?

Regardons les plus grands de notre sport : Louis Cyr était policier à Montréal et se servait de sa force prodigieuse pour aider l'ordre et le bon fonctionnement de la société. Eugene Sandow était un artiste de scène, un homme de spectacle, pur et simple. Plus tard, d'autres grands comme Frank Zane et Larry Scott ont été reconnus entre autres pour leur dévouement à un culturisme fondé sur la beauté du physique et l'harmonie des formes, bref, des idéaux de beauté et de pureté résumant bien la noblesse possible de notre discipline. Revenons au moment présent : notre grand champion est Jay Cutler, un homme connu comme ayant une disposition agréable envers ses semblables, gentil et aimable à souhait. Il semble doux comme un agneau, malgré un physique que beaucoup qualifieraient de monstrueux.

Pour nous ce n'est pas surprenant, mais la population en général est très déstabilisée lorsqu'elle rencontre une personne au physique imposant qui se montre gentille. Comme si le fait d'avoir des muscles ne pouvait servir, dans l'esprit des gens, qu'à dominer physiquement les autres, à s’imposer ou même céder à la violence. L’autre stéréotype très courant concerne la perception selon laquelle les personnes qui s’adonnent aux disciplines de culture physique – hommes et femmes – n’ont rien entre les deux oreilles. Si elles s’occupent tant de leur corps, c’est qu’elles n’ont rien d’autre dans la vie, non? Donc pour résumer : le gars qui a des muscles est une brute épaisse, la femme qui a un corps de rêve est une écervelée. Mais comment en sommes-nous arrivés là? On pourrait s’étendre longtemps sur les raisons sociales, politiques, psychologiques et autres qui ont peu à peu dépopularisé les sports du physique et lui ont retiré ses lettres de noblesse durant les 25 dernières années. L’une de ces raisons, qui d’ailleurs a des impacts à tous les niveaux de la société, c’est le nivellement pas le bas.

Son fonctionnement est simple : on ne peut tolérer avoir l'impression qu'un groupe de personne est plus excellent que soi, alors on leur invente un désavantage. Dans le cas du culturisme, les gens diront « c'est bien joli, mais quelqu’un comme ça qui n’a pas de cervelle n’est certainement pas mieux que moi ». On se rassure quant à sa propre valeur en s'inventant une histoire quant à la valeur des autres. On sent le besoin de se comparer, et cette comparaison, lorsqu’elle est perçue comme nous étant défavorable, fait naître le besoin de diminuer l’autre. Prenons l’exemple de la petite école : qui n’a pas remarqué que ceux qui sont assidus, déterminés, studieux et appliqués – dont on pourrait dire qu’ils visent l’excellence - deviennent la cible des groupes qui jalousent leur performance et leur succès et les arrosent d'insultes, tentant ainsi de porter ombrage à leur réussite, de diminuer la perception de leurs réalisations?

Cette pression du nivellement par le bas, que l’on peut d’ailleurs observer dans toutes les sphères de notre société, a donc contaminé la perception qu’ont les gens de la culture physique et de ceux et celles qui pratiquent cette discipline. Pourtant, le culturisme n'est pas un sport de brutes épaisses ou d’écervelées, et de loin. Un bon culturiste connaît plusieurs systèmes d'entraînement, en sait plus que la plupart des médecins sur la diététique et est très sérieux dans l'application de divers systèmes et théories. Bien sûr, il y a des monstres de génétique incapables d'expliquer les notions élémentaires dans un langage compréhensible. Mais ils constituent l’exception. La grande majorité des culturistes sérieux ne peuvent s’en tirer si facilement. Ils doivent approfondir leurs connaissances sur tous les aspects de la forme physique. Ce sont en majorité des personnes souhaitant atteindre rien de moins que l’excellence dans leur discipline et elles s’y dévouent à 100 %.

De plus, il n’y a qu’à regarder le curriculum vitae des femmes dans la catégorie « Figure » qui ont participé à l’Arnold Classic 2010 pour constater qu’elles sont loin de manquer de matière grise : plusieurs ont des maîtrises universitaires, occupent des postes de cadre et ont excellé dans d’autres disciplines sportives avant de se lancer dans une discipline de physique.

Être déterminé, assidu, studieux et appliqué, voilà des qualités qui font un bon culturiste, une bonne athlète de fitness ou de figure. Ce sont là les mêmes qualités qui font des personnes ayant du succès dans n'importe quelle activité.

Des brutes épaisses, des écervelées, il y en aura toujours dans la société et donc dans les centres d’entrainement aussi. Il y en aura dans les compétitions de culturisme, fitness ou figure, en tant que spectateur et même en tant que compétiteurs à des niveaux moins relevés. Mais pour arriver au top, les exigences sont au-delà des capacités de ces individus à partir desquels les préjugés défavorables sont calqués. Mais tant que la psychologie par comparaison et donc le nivellement par le bas seront acceptés socialement, les athlètes de la forme physique seront victimes de préjugés et de stéréotypes désavantageux. Si comme moi vous préféreriez ne pas voir ces tendances prendre le dessus, vous vous réjouirez de vous associer avec d'autres gens qui comme vous désirent redonner aux sports du physique leurs lettres de noblesse. Joignez-vous à nous sur http://www.passionphysique.com le site des vrais passionnés de culture physique.




 

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