Musculation à haut-seuil d'activation
par Christian Thibaudeau

Les meilleurs haltérophiles olympiques la possèdent, les gymnastes élites ont du succès grâce à elle, les sprinters fracassent des records avec elle, les culturistes deviennent super-massifs grâce à elle... LA CAPACITÉ DE STIMULER AU MAXIMUM LES UNITÉS MOTRICES À HAUT SEUIL D'ACTIVATION! C'est ce qui sépare les meilleurs des autres. Les fibres rapides qui composent les unités motrices à haut seuil d'activation dépassent DE BEAUCOUP le potentiel d'hypertrophie des fibres dont le seuil d'activation est moins élevé et auxquelles trop de gens se fient lors de leurs entraînements.

Il est vrai, jusqu'à un certain point, que cette capacité d'activer et stimuler ces fibres puissantes est tributaire de la génétique : certains individus sont nés avec un nombre plus grand de ces fibres que d'autres. Cependant, avec les bonnes techniques d'entraînement, une sélection adéquate d'exercices et une exécution correcte, vous pouvez compenser une distribution de fibres musculaires plutôt moyenne.

Tihanyi (1997) à démontré qu'un entraînement adéquat pouvait permettre à un individu possédant seulement 30 % de fibres musculaires rapides de se développer de la même façon qu'un autre possédant 70-80 % de fibres rapides. Ce livre vous enseignera exactement comment vous y prendre pour y arriver!

Les conseils prodigués dans ce livre peuvent sembler simples par leur logique et leur côté pratique, mais il s'agit là exactement des choses que vous devez mettre en pratique si vous voulez devenir une machine à fibres rapides!

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En lisant le contenu de ce nouveau livre, certains croiront peut-être que j’ai finalement fermé la boucle. À l'origine, j’étais un entraîneur de performance uniquement, discipline pour laquelle j’ai laissé ma marque en apportant plusieurs méthodes d’entraînement innovatrices au monde de l’entraînement en force. Ensuite, j’ai changé mon approche pour une approche davantage axée sur le culturisme, en écrivant un livre et quelques articles sur cet aspect de notre sport ainsi qu’en entraînant plusieurs athlètes pour des concours. Ceux d’entre-vous qui sont familiers avec mon matériel traitant de l’entraînement athlétique vont reconnaître plusieurs principes dans ce livre et croiront rapidement que je suis revenu à mes racines. Bien que ce ne soit pas entièrement faux, ce n’est pas entièrement vrai non plus. Oui je reviens à une vision plus « athlétique » de l’entraînement, mais je suis loin de revenir à mon point de départ; je dirais plutôt que je suis un entraîneur qui est encore en évolution et je suis arrivé à la constatation que plusieurs principes qui s’appliquent à l’entraînement athlétique peuvent également servir de détonateur pour de nouveaux gains musculaires. La meilleure façon de décrire ce livre serait donc de lui donner l’étiquette du ‘mariage interracial ’ entre l’esthétisme et l’athlétisme.

Tous peuvent tirer quelque chose de ce livre : les athlètes trouveront de nouvelles façons d’améliorer leur force, leur puissance et leur efficacité métabolique. Ils apprendront également comment bâtir du muscle qui sera « utilisable » dans leur sport. Les culturistes découvriront quels sont les meilleurs exercices pour chaque groupe musculaire et apprendront comment appliquer les principes de l’entraînement athlétique afin de pouvoir faire d’avantage appel aux unités motrices à haut biveau d’activation, qui sont la clé pour une croissance musculaire maximale. Enfin, l’athlète moyen désirant améliorer son look, être plus musclé et mieux défini, mais qui désire également être fonctionnel, en santé et en forme, sera capable d’appliquer les principes décrits ici pour arriver à ses fins. Je ne dis pas que tous devraient s’entraîner de la même façon. Cependant, je crois qu’il existe des principes se trouvant sur des terrains communs à toutes les formes d’entraînement, des principes basés sur la science qui peuvent être appliqués par tous pour arriver à des améliorations maximales sans égard à l’objectif.

Les athlètes et les culturistes ont tous deux une partie de la réponse!

Si vous lisez ce livre, il y a de fortes chances que :

a) vous cherchiez des façons d’améliorer votre musculature
b) vous cherchiez des façons de perdre du gras grâce à l’entraînement
c) vous cherchez des façons d’améliorer votre explosivité
d) vous cherchiez des façons d’améliorer votre force
e) vous cherchiez des photos séduisantes d’entraîneurs canadiens chauves

En fait, ce que vous cherchez est probablement une combinaison de tous ces objectifs (sauf l’objectif « e », j’espère!). C’est dans cet état d’esprit que je me trouvais quand je me suis assis pour écrire ce livre. Si vous appliquez les principes décrits dans les prochains chapitres, vous allez gagner en masse musculaire, perdre en graisses corporelle et améliorer votre force, votre explosivité et rendre votre métabolisme plus efficace. Il ne s’agit pas du Saint-Graal, mais bien de science convenablement appliquée pour stimuler une adaptation corporelle maximale.

J’ai écrit que certains penseraient que je ferme la boucle avec ce livre. C’est peut-être le cas. Au cours de la dernière décennie, je me suis trouvé des deux côtés de la clôture : j’ai entraîné des athlètes pour la force et la performance ainsi que pour des fins de culturisme et de transformation corporelle. Au départ, je séparais les deux approches. Les méthodes pour les culturistes se trouvaient dans un tiroir, et celles pour la performance athlétique dans un autre. Quand je travaillais avec les athlètes j’ouvrais le tiroir « force/puissance » pour y puiser ce dont j’avais besoin, et je faisais de même quand je concevais des programmes pour les culturistes. Il ne m’est jamais traversé l’esprit qu’il pouvait y avoir des choses utiles aux culturistes dans le tiroir « force/puissance » et vice-versa. J’ai maintenant appris à utiliser des principes provenant des deux tiroirs. Une méthode ou un principe d’entraînement ne devrait pas être étiqueté comme étant propice uniquement à l’un ou à l’autre, vous devriez rester alerte à toute chose pouvant vous procurer les résultats que vous cherchez.

Après tout, les culturistes ET les athlètes nous donnent des indices : plusieurs athlètes ont des physiques fantastiques (musclés et définis) et plusieurs culturistes sont forts et puissants; pourtant, les deux camps s’entraînent de façons radicalement différentes. Ceci me laisse croire qu’il existe plus d’une façon d’arriver au même résultat. Pas seulement cela, mais ceci me laisse également croire que si nous pouvions combiner les meilleurs principes provenant des deux camps, nous pourrions arriver à élaborer la meilleure méthodologie de transformation corporelle possible.

C’est donc mon objectif avec ce livre et je souhaite pouvoir m’en approcher au maximum, vous en serez le juge!



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Tout ceci étant dit, voici les onze principes de la croissance musculaire à haut seuil d’activation:


1. Toujours tenter de générer autant de force que possible

2. Tirer avantage de la portion eccentrique du mouvement

3. Précéder l’action concentrique d’un préétirement du muscle

4. S’entraîner jusqu’à l’échec musculaire positif

5. Inclure un peu de plyométrie pour entraîner le système nerveux

6. Inclure une bonne quantité de travail unilatéral

7. Inclure un peu de travail instable pour activer le système nerveux

8. Optimiser le ratio travail-repos

9. Sélectionner les exercices les plus efficaces pour chaque groupe musculaire

10. Pour la perte de gras, ajouter du travail métabolique à haute vitesse

11. Surcharge eccentrique et entraînement en décélération pour la force, la puissance et la masse



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PRINCIPE 3
Précéder l’action concentrique d’un pré étirement du muscle

Introduction

Les avantages de faire un préétirement à haute vitesse avant une action concentrique explosive est un truc connu dans le monde des sports. Ce type de mouvement, connu comme le réflexe d’étirement (ou myotatique), est la façon naturelle dont nos muscles travaillent dans la plupart des tâches requérant une production de force élevée de nature balistique (lancer, sauter, etc.) ainsi que pendant les déplacements (marcher, courir, etc.). Dans les contractions musculaires, précéder la phase concentrique (où l’on soulève la charge dans notre cas) d’un étirement court et ferme peut significativement augmenter la quantité de force produite. Ceci est causé par :

1. L’effet maximisant du réflexe d’étirement myotatique : Quand une structure musculotendineuse (un muscle et ses tendons) est étirée avec force, il se déclenche un réflexe d’étirement qui est gouverné par les fuseaux neuromusculaires. Ces fuseaux sont de petites fibres qui longent les fibres musculaires et lorsque ces fuseaux sont étirés au-delà d’un certain point, ils initient le réflexe d’étirement myotatique qui aide le muscle à se raccourcir. Ceci est un mécanisme de prévention visant à protéger les structures musculotendineuses des déchirures provoquées par un étirement excessif.

2. Les composantes élastiques de la structure musculotendineuse: Les muscles, le fascia et les tendons sont de nature élastique (plus ou moins selon la structure) et se comportent exactement comme un élastique; si elles sont étirées, ces structures auront tendance à se raccourcir avec force ensuite. Cette caractéristique des sturctures musculotendineuses peut également contribuer à augmenter la production de force.

3. Augmentation de l’activation des unités motrices: Walshe et coll. (1998) ont statué que de pré étirer un muscle avant une phase concentrique favorise davantage l’activation du muscle. Ils ont également découvert que pendant un mouvement pré étiré, l’étirement peut augmenter la capacité des éléments contractiles du muscle.


4. L’évolution vers une dominance des fibres rapides à long terme : Paddon-Jones et coll. (2001) ont démontré que les actions eccentriques rapides (l’étirement puissant et rapide que je propose à la fin de la portion négative est une action eccentrique rapide) à mené à une augmentation du pourcentage des fibres/unités motrices rapides au cours des semaines (le protocole de l’étude ici dura 10 semaines). Les mouvements eccentriques rapides ont diminué le pourcentage de fibres de type I d’une moyenne de 53,8 % à une moyenne de 39,1 % alors que le pourcentage des fibres de type IIb a augmenté d’une moyenne de 5,8% à une moyenne de 12,9 %. (il a donc dû avoir une augmentation des fibres IIa également, mais ceci n’a pas été mesuré). Avec le temps, ce type d’entraînement peut grandement améliorer la capacité d’un individu à stimuler l’hypertrophie ainsi que les gains en force et en puissance.



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Pour stimuler la croissance musculaire au maximum, vous devriez sélectionner les meilleurs exercices pour chaque groupe musculaire ciblé. Bien que ceci puisse sembler évident, très peu d’information est disponible à ce sujet et, quand nous trouvons enfin ce genre d’information, nous nous rendons vite compte qu’il s’agit en fait des préférences personnelles de l’auteur/coach. Le fait qu’une certaine autorité en matière d’entraînement suggère un certain mouvement n’est pas une garantie que le mouvement soit efficace. Afin de faire une bonne sélection d’exercices, nous devons comprendre quels principes gouvernent l’activation des muscles; nous devons également considérer l’objectif de l’exercice. Lorsqu’il est question de bâtir de la masse musculaire, nous avons trois catégories de mouvements :

1. Exercices d’activation : mouvements visant à augmenter l’activation nerveuse, rendant le système nerveux plus efficace pour activer les groupes musculaires choisis. Ce genre d’exercices ne stimulera pas énormément (voire pas du tout) d’hypertrophie, mais ils rendront tous les autres mouvements subséquents beaucoup plus efficaces. Ces mouvements sont utilisés ni plus ni moins comme de réveille-matin pour le système nerveux. Les exercices instables se classent dans cette catégorie.

2. Exercices de potentialisation: La potentialisation se traduit par « augmenter la puissance/potentiel ». Ces exercices partagent un objectif similaire aux exercices d’activation en ce sens qu’ils augmentent l’efficacité neurale. Cependant, leur effet se fait principalement au niveau des unités motrices à haut niveau d’activation ainsi qu’au niveau du SNC en augmentant sa capacité d’activer lesdites unités motrices. Les mouvements explosifs et la plyométrie sont les genres d’exercices principaux de cette catégorie. Tout comme pour les précédents, ces exercices ne sont pas des bâtisseurs de muscles, (quoiqu’ils soient tout de même plus efficaces pour se faire que les exercices d’activation vus précédemment), mais ils augmenteront l’efficacité de tout entraînement subséquent.


3. Exercices de stimulation : Ces exercices sont notre pain et notre beurre : la base! Les mouvements qui provoqueront le maximum de croissance musculaire. Pour être efficace, un exercice de stimulation doit graviter autour de la fonction du muscle qui est ciblé; il doit y avoir une certaine logique biomécanique. L’exercice devrait également inclure un étirement avec charge pour le groupe musculaire ciblé : un muscle étiré pendant la phase concentrique est un muscle activé pendant la phase concentrique. Un exercice au cours duquel le muscle n’est pas étiré ne stimulera pas un maximum de croissance musculaire.


Sélection d’exercices

Dans cette section, je vous présente les exercices d’activation, de potentialisation et de stimulation les plus efficaces pour chacun des groupes musculaires. Une sélection d’exercice adéquate est la première étape vers l’élaboration d’un programme d’entraînement efficace. Ensuite, l’application des principes exposés dans ce livre lors de l’exécution de chacun des exercices assurera que vous faites le maximum pour stimuler la croissance musculaire. Alors sans plus de préambule, voici les meilleurs exercices pour chaque groupe musculaire.



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Patrons de gains musculaires

Aux fins de croissance musculaire, vous devriez commencer l’entraînement de chaque groupe musculaire avec une fréquence de deux fois par semaine (les épaules et les bras peuvent être entraînés une seule fois par semaine étant donné qu’ils reçoivent déjà passablement de stimulation pendant les autres jours). Selon vos capacités de récupération, votre horaire de travail et votre apport nutritionnel, vous devrez diviser ce volume hebdomadaire en 3 à 6 séances d’entraînement. Il s’agit là du patron pour chaque groupe musculaire. Si vous entraînez deux groupes musculaires par séance vous devez utiliser le patron pour les deux groupes musculaires; si vous entraînez trois groupes musculaires, utilisez le patron pour les trois, etc. Évidemment, il ne s’agit là que d’exemples que vous pouvez modifier en utilisant l’information contenue ici.




 

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